Kelly Reichardt, figure du cinéma indépendant américain, met en scène Josh O’Connor dans un récit à la fois poétique et angoissant, où le destin d’un homme ordinaire bascule lors d’une escapade improbable.
Dans The Mastermind, O’Connor incarne Mooney, un père de famille désespéré, confronté à des choix moraux flous. Lors d’une visite familiale au musée, il vole une petite statuette, puis imagine un plan audacieux avec ses complices. Mais la réalité s’avère bien plus complexe que prévu : les enfants encombrants, l’insensibilité du monde autour de lui, et l’inévitable débâcle d’un projet maladroit.
Le film, ancré dans les années 1970, explore une Amérique en quête de sens, où la musique jazz et le contexte historique (la guerre du Vietnam) servent de toile de fond à cette histoire de fuite. Reichardt ne raconte pas un simple braquage, mais l’errance d’un individu déconnecté, piégé par ses propres erreurs.
Avec une mise en scène lente et introspective, le film interroge les limites de la réussite sociale, tout en soulignant l’inutilité des actes désespérés. Les conséquences d’un choix maladroit se révèlent être un miroir déformant de l’existence même.
The Mastermind, projeté à Cannes et sorti le 4 février, offre une vision rare du cinéma américain, où la tragédie n’est pas dans l’échec, mais dans l’impuissance d’un homme à s’élever au-dessus de ses erreurs.