Charlie Polinger a révélé que son premier long-métrage The Plague, sorti le 3 juin et sélectionné au Festival de Cannes (Un Certain Regard), s’inspirait d’un camp d’été en 2003 où l’âge de 12 ans semblait un labyrinthe d’inquiétudes. Ce film, primé au Grand Prix de Deauville, explore la manière dont une petite communauté d’ados en stage de water-polo transforme une simple différence physique en épidémie sociale.
En été 2003, des garçons de 12 à 13 ans se retrouvent dans un univers clos : piscine, dortoirs et vestiaires, sous le regard d’un entraîneur joué par Joel Edgerton. L’arrivée de Ben (Everett Blunck), venu de Boston, déclenche une tension immédiate. Il découvre que l’un de ses camarades, Eli (en maillot bleu), est isolé pour des boutons d’eczéma qu’il considère comme « la peste ». Ben, seul à éprouver un réel empathie envers son prochain, observe avec crainte sa propre peau et s’inquiète lorsque les autres cessent de lui passer le ballon.
« J’ai cherché à plonger l’auditeur dans le chaos mental d’un préadolescent », confie Polinger. « L’épidémie ne se propage pas grâce aux réseaux sociaux, mais par des mécanismes invisibles : la peur de se démarquer, la cruauté pour éviter l’isolement, et le pouvoir qui s’exerce dans un système fermé. »
Ce film, porté par une jeune comédie talentueuse, met en lumière comment l’indifférence et les jugements rapides peuvent rapidement devenir une menace mortelle. L’« épidémie » décrite ici n’a pas d’autre source que la propre jeunesse — un phénomène qui persiste avant même l’apparition des réseaux sociaux.
Par Patrick TARDIT